Entreposage matériaux terreux A
La couche supérieure du sol (synonymes: terre végétale, horizon A) est particulièrement sensible aux atteintes au cours de la manutention et de l'entreposage temporaire. Son entreposage obéit à des normes précises.
La forme du dépôt est normée. Elle résulte d'un compromis entre les exigences de la protection des sols et les contraintes techniques et économiques d'un chantier. Le dépôt doit être aéré, drainant, minimisant la compaction et l'érosion.
Le cas type est défini pour l'entreposage de matériaux terreux de la couche supérieure du sol pour une durée >1an.
Pour les sols cultivés du plateau suisse à l'exception des sols organiques, la forme type préconisée est un andain qui repose directement sur le sol en place enherbé.
L'andain est de forme trapézoïdale. Le document "Sols et Constructions" (OFEV, 2015) préconise une hauteur de 1.5 m du tas foisonné. Toute modification de la hauteur relève de la compétence d'un spécialiste de la protection des sols sur chantier. Les hauteurs maximales autorisées sont présentées dans la norme SN 640 581.
La couronne est légèrement inclinée pour évacuer les eaux de pluie. Les côtés ont une pente de 2/3. Les côtés et le sommet ne sont pas lissés pour favoriser un bon enherbement.
Par exemple, pour une couronne de 2 m de largeur, la base est égale à 6.5 m; 6 m3 de matériaux terreux sont ainsi entreposés par mètre linéaire.
L’enherbement des tas doit être réalisé dès que la période est favorable à la levée du semis (de mars à septembre). On évitera ainsi l’envahissement par des plantes indésirables. En cas de mauvaise levée de la végétation, le semis doit être répété au plus vite.
Les mélanges herbagés choisis doivent avoir une levée rapide, un enracinement vigoureux et seront adaptés à la durée d'entreposage, au type de sol et aux conditions climatiques. Le choix du mélange herbagé correspondant à ces contraintes est une affaire de spécialiste. C’est pourquoi il est judicieux de confier ce travail, au travers d’un contrat de prestation, à une entreprise spécialisée. Celle-ci devra garantir l'utilisation de méthodes et de machines conformes à la protection des sols sur chantier.
On entretient les tas pour l'esthétique, contre le risque d'incendie, d'embroussaillement et d'invasion par des plantes indésirables. L'entretien des tas est en règle générale sous-traité à des professionnels.
La levée du couvert végétal peut être entravée par des conditions météo défavorables, même s'il a été semé dans des conditions optimales et avec une technique adéquate. Dans ce cas, des plantes indésirables (mauvaises herbes ou néophytes) vont se développer. Elles devront être combattues par une coupe de nettoyage, un traitement phytosanitaire ou un nouveau semis.
Les tas formés de matériaux terreux A issus de sols de cultures intensives (maraîchage, maïs, betterave, pomme de terre) présentent un risque très élevé d'envahissement par les plantes indésirables. Celles-ci ont un impact extrêmement négatif lors de la remise en culture.
Il y a obligation légale de combattre certaines plantes dommageables pour l'agriculture (par ex. chardons) ou dangereuses pour la santé (par ex. ambroisie). Les règles et techniques d'entretien décrites dans le classeur "fiches grandes cultures" (AGRIDEA) ou sur le site Info Flora s'appliquent également à l'entretien des andains. Les stations cantonales de protection des plantes peuvent aider à identifier les plantes indésirables et proposer une méthode de lutte également.
L'entretien des andains fait implicitement partie des règles de bonnes pratiques prévues dans la norme SN 640 581.
L'entretien des andains consiste en des opérations complexes nécessitant des engins spécialisés ou la détention d'un permis de traiter. On aura donc recours à des mandataires spécialisés (agriculteurs, paysagistes,...) pouvant fournir une prestation conforme à la protection des sols sur chantier.
La reprise des tas s’effectue lors de la phase de remise en place des sols.
Pour conserver la structure du sol de façon optimale, les tas doivent être repris à la pelleteuse à godet. La reprise du tas s'effectue depuis le pied de l'andin. La pelle ne doit jamais être posée sur le tas à reprendre car elle peut le tasser et elle génère des vibrations qui déstructurent le sol.