Remise en état des sols
La reconstitution des sols terrassés et la remise en état des sols laissés en place sous les emprises temporaires sont des étapes décisives. Elles conditionnent le fonctionnement et la fertilité des sols. La qualité de la reconstitution fait l'objet d'un protocole de réception de l'ouvrage sol.
Le remblai nivelé en vue de reconstituer un sol a fait l'objet de prescriptions lors de la phase de développement. La réception du remblai nivelé consiste à vérifier le respect de ces prescriptions et à établir un protocole de réception qui documente les objectifs atteints et qui établit la liste des éventuelles interventions complémentaires à effectuer avant de procéder à la reconstitution du sol.
La méthode la plus favorable à une reconstitution de bonne qualité consiste à recréer en un passage le sol en bandes à l'aide d'une pelle à godet lisse. La pelle travaille depuis le remblai nivelé.
La méthode plus rapide et plus économique qui consiste à pousser le sol au bulldozer ne satisfait pas aux règles de la protection des sols. En effet:
même munis de chenilles larges, les bulldozers exercent une pression élevée sur le sol meuble remis en place
les chenilles pétrissent le sol durant l'effort de poussage
les allers et retours sur le sol meuble sont fréquents
les risques de mélange des couches de sol sont élevés
Les sols reconstitués au bulldozer présentent par conséquent des risques élevés de mauvaise infiltration des eaux de pluie.
Après la réception du remblai, le sol est remis en place ou reconstitué en fonction des objectifs de qualité et d'utilisation fixés dans la phase de développement. A la fin de la reconstitution des sols, on procède à la réception de l'ouvrage sol.
Cette réception fait l'objet d'un protocole qui documente les objectifs atteints et établit la liste des éventuelles interventions complémentaires à effectuer avant de procéder à la remise en culture transitoire.
L'acceptation de l'ouvrage sol sans réserve libère la direction des travaux de toute responsabilité ultérieure. Le maître d'ouvrage reste responsable jusqu'à la restitution finale des sols aux utilisateurs / propriétaires.
Les défauts les plus fréquents qui résultent de la reconstitution des sols sont:
la présence de cailloux et d'éléments étrangers
la compaction du sol reconstitué
les inégalités de la surface reconstituée
L'élimination des cailloux et des éléments étrangers peut s'effectuer sur des surfaces peu importantes par un enlèvement manuel (on utilisera alors des dumpers à chenille légers pour ces travaux). Dans le cas de grandes surfaces, le passage d'une épierreuse par une entreprise de travaux agricoles peut s'envisager.
La décompaction d'un sol reconstitué est une intervention très délicate. Le passage d'une sous-soleuse est souvent peu adéquat en raison du risque de lissages et de la pression au sol élevée des machines (tracteur, chisel). Le passage d'une bêcheuse à lame est très efficace si elle atteint une profondeur de 50 cm et si le bêchage se réalise dans de bonnes conditions (sol ressuyé) et suivi de la mise en place d'une prairie temporaire.
Les inégalités de surface doivent être nivelées.
Le non-respect de l'épaisseur des couches fixées dans les objectifs de reconstitution d'un sol n'est pas un défaut de l'ouvrage mais une non-conformité qui peut déboucher sur un refus de réception de l'ouvrage sol.
La réception des sols laissés en place sous les emprises du chantier sera précédée d'une évaluation de l'état des sols par un expert (SPSC ou pédologue).
La réalisation d'éventuelles mesures de décompaction ou une éventuelle mise en herbage extensif sera effectuée en cas d'atteinte constatée (remise en état des sols laissés en place) .
A la suite de cela, un protocole de restitution finale de ces sols est établi entre l'exploitant et le maître d'ouvrage. Ce protocole libère ce dernier et la direction des travaux de leur responsabilité (sauf pour des défauts cachés).
Lorsque des atteintes ont été constatées à la réception des sols laissés en place, deux type d'interventions peuvent être convenus: décompaction mécanique ou décompaction végétale. Ces interventions seront réalisées par une entreprise de travaux agricoles.
Les interventions de décompaction mécanique (labour, sous-solage, bêchage) dépendent de l'importance et de la profondeur de la compaction. La mise en place d'une prairie transitoire exploitée en fauche extensive est une mesure de décompaction végétale.
La durée de la période transitoire varie en fonction des besoins de restructuration de la couche supérieure (les durées usuelles varient de 1 à 5 ans).