Mesures de protection des sols
Les mesures de protection des sols planifiées sont mises en place. Les mesures urgentes de protection des sols sont préparées.
La protection du sol par une piste de chantier est basée sur le principe de la diffusion de la pression au sol exercée par des véhicules à pneus ou à chenilles circulant sur celle-ci. Elle doit être efficace tout au long de son utilisation, nécessiter peu d'entretien. L'objectif est de protéger le sol en place de toute compaction persistante portant atteinte à sa fertilité.
La piste type est utilisable par des véhicules jusqu'à 3 m d'empattement, pour toute la gamme des pressions au sol. Le matériau utilisé doit être suffisamment hétérogène pour éviter de former une masse compacte sous l'effet de la pression et des vibrations du trafic.
Les pistes sont mises en place en début de chantier.
Les pistes d'attaque sont en général réalisées avec des matelas de rondins ou des plaques emboîtables. Les pistes de chantier sont en matériaux meubles (grave non traitée 0/45). Elles seront déposées à reculons en circulant sur les matériaux précédemment déposés.
La piste sera construite sur un sol enherbé. Un géotextile de séparation perméable, de 5 m de largeur sera posé. La piste aura au minimum 3.5 m de large, les accotements seront réglés à 45°, si bien que la base au sol sera de 4.5 m au minimum.
Ce type de piste est adapté à toutes les situations de terrain (plat, dévers, etc...) et pour toute durée.
Au moment de leur mise en place, la tensiométrie, le type de sol et la pluviométrie seront pris en compte, de même que les machines engagées.
Les pistes seront nivelées et roulées.
Les pistes fréquemment utilisées ou soumises à de fortes charges seront entretenues régulièrement. La pose d'une couche de bitume peut s'avérer judicieuse.
Le rapport et l'article ci-dessous comparent 3 types de pistes de chantier et leurs effets sur la compaction du sol:
Le guide "Construire en préservant les sols"(OFEV, 2001) et la norme SN 640 581 (VSS, 2017) préconisent les points suivants:
ne pas rouler sur les sols en place pour tous les engins de chantiers dont la pression au sol dépasse 500 grammes par centimètre carré.
ne pas rouler sur les sols en place pour tous les engins de chantiers dotés de pneus industriels de chantier.
au-dessus de 10 cbar de force de succion: il est possible de rouler sur le sol avec des machines de chantier à chenilles, de pression au sol et de poids total respectant le nomogramme du document "Sols et constructions" (OFEV, 2015).
entre 6 et 10 cbar de force de succion: les couches supérieure et sous-jacente peuvent être décapées dès 6 cbar, mais le terrain (engorgé) n’est pas assez portant pour le passage de véhicules sur le sol en place enherbé. Il n'est donc pas possible de rouler sur le sol.
en-dessous de 6 cbar de force de succion: ne pas manipuler les sols, car leur structure est trop instable pour permettre le décapage de matériaux terreux; ne pas rouler sur les sols en place, car dans ce degré́ d’humectation (sol détrempé́) ils sont trop humides et par conséquent ne sont pas portants.
Les arrêts de machines ou de travaux ne s'appliquent pas lorsque la circulation ou les travaux s'effectuent sur l'horizon C (sous-sol) ou à partir de pistes de chantier.
Des arrêts de machines ou de travaux peuvent s'imposer lors des activités suivantes:
circulation sur les sols en place
travaux de décapage des sols
manipulations des matériaux terreux
reconstitution des sols sur des emprises temporaires
Les arrêts de machines ou de travaux résultent d'un état d'humidité du sol trop important:
force du succion < 6 cbar: aucun travail possible;
6 cbar < force du succion < 10 cbar: décapage possible à partir d'une piste mais circulation interdite sur le sol en place;
force du succion > 10 cbar: circulation et travaux possibles dans le respect des contraintes indiquées par le nomogramme.
Pour circuler sur le sol en place enherbé et effectuer des mouvements de matériaux terreux (décapage, entreposage, reprise) la règle de base pour prévenir les arrêts de chantier consiste, dès l'appel d'offre, à prescrire l'usage de machines adaptées (machines à chenilles, pression au sol et poids total faibles) qui permettent le respect de l'utilisation du nomogramme. A titre d'exemple une pelle de 24.5 tonnes, largeur de chenille 750 mm, pression au sol 0.41 kg/cm2, peut rouler dès 13 cbar de force de succion.
Les mesures d'urgence pour la protection des sols s'imposent, en général, lors d'événements pluvieux subits et isolés. Un événement pluvieux supérieur ou égal à 10 mm implique un arrêt général de rouler sur les sols en place durant une journée, un événement supérieur ou égal à 20 mm un arrêt de 2 jours. Ces règles, valables pour des sols enherbés, découlent de la vitesse d'infiltration des pluies et du risque de lissage-pétrissage de la surface du sol.
Un autre cas d'urgence est, pour un chantier linéaire, la découverte d'une zone engorgée ou d'une lentille tourbeuse. Dans ce cas, la mise en place d'une piste en matelas de rondins ou en plaques rigides emboîtables est la mesure préconisée.
Les règles de base de l'engagement des machines et les règles d'arrêt d'une machine en fonction du nomogramme ne sont pas des mesures d'urgence car elles doivent avoir été prises en compte dans la phase de planification.