Entreposage matériaux terreux B
La couche sous-jacente du sol (synonymes: horizon B, terre minérale) est indispensable au bon fonctionnement d'un sol reconstitué. Ses caractéristiques déterminent les épaisseurs à décaper et les normes de manutention et d'entreposage.
Le cas type est défini pour l'entreposage des matériaux terreux de la couche sous-jacente du sol pour une durée >1an.
Pour les sols cultivés du plateau suisse à l'exception des sols organiques, la forme type préconisée est un andain qui repose sur le sol en place enherbé. Dans le cas où le sol est nu, la mise en place d'un géotextile est nécessaire.
L'andain est de forme trapézoïdale. La hauteur du tas foisonné varie selon la teneur en argile. Le document "Sols et Constructions" (OFEV, 2015) préconise une hauteur de 2.5 m du tas foisonné pour une teneur en argile <30%. Toute modification de la hauteur relève de la compétence d'un spécialiste de la protection des sols sur chantier. Les hauteurs maximales autorisées sont présentées dans la norme SN 640 581.
La couronne est inclinée pour évacuer les eaux de pluie. Les côtés ont une pente de 2/3. Les côtés et le sommet ne sont pas lissés pour favoriser un bon enherbement.
Par exemple, pour une hauteur de 2.5 m et une couronne de 2 m, la base est égale à 9.5 m; ce sont ainsi 14 m3 de matériaux terreux qui peuvent être entreposés par mètre linéaire.
L’enherbement des tas doit être réalisé dès que la période est favorable à la levée du semis. On évitera ainsi l’envahissement par des végétaux indésirables. Le risque de mauvaise levée de la végétation est plus important avec les matériaux terreux B qu'avec les matériaux terreux A.
En cas de mauvaise levée de la végétation, l’opération doit être répétée au plus vite.
Les mélanges herbagés choisis doivent avoir une levée rapide, un enracinement vigoureux et seront adaptés à la durée d'entreposage, au type de sol et aux conditions climatiques. Le choix du mélange herbagé correspondant à ces contraintes est une affaire de spécialiste. C’est pourquoi il est judicieux de confier ce travail, au travers d’un contrat de prestation, à une entreprise spécialisée. Celle-ci devra garantir l'utilisation de méthodes et de machines conformes à la protection des sols sur chantier.
La levée du couvert végétal peut être entravée par des conditions météo défavorables même s'il a été semé dans des conditions optimales et avec une technique adéquate. Dans ce cas, des plantes indésirables (mauvaises herbes ou néophytes) vont se développer. Elles devront être combattues par une coupe de nettoyage, un traitement phytosanitaire ou un nouveau semis.
En règle générale, le risque d'apparition de plantes indésirables sur un tas de matériaux terreux B est plus élevé que pour un tas de matériaux terreux A.
Il y a obligation légale de combattre certaines plantes dommageables pour l'agriculture (par ex. chardons) ou dangereuses pour la santé (par ex. ambroisie). Les règles et techniques d'entretien décrites dans le classeur "fiches grandes cultures" (AGRIDEA) ou sur le site Info Flora s'appliquent également à l'entretien des andains. Les stations cantonales de protection des plantes peuvent aider à identifier les plantes indésirables et proposer une méthode de lutte également.
L'entretien des andains fait implicitement partie des règles de bonnes pratiques prévues dans la norme SN 640 581.
L'entretien des andains consiste en des opérations complexes nécessitant des engins spécialisés ou la détention d'un permis de traiter. On aura donc recours à des mandataires spécialisés (agriculteurs, paysagistes,...) pouvant fournir une prestation conforme à la protection des sols sur chantier.
La reprise des tas s’effectue lors de la phase de remise en place des sols.
Pour conserver la structure du sol de façon optimale, les tas doivent être repris à la pelleteuse à godet. La reprise du tas s'effectue depuis le pied de l'andin. La pelle ne doit jamais être posée sur le tas à reprendre car elle peut le tasser et car elle génère des vibrations qui déstructurent le sol.