Etat initial
L’établissement d’un état initial est indispensable pour fournir les informations et données nécessaires à la planification des mesures de protection des sols et à l'établissement des bases du projet.
L'état initial des sols doit être caractérisé avant le début des travaux et être représenté sur une carte.
Les échelles utilisées vont du 1:1000 au 1:10000 selon le type et l'ampleur du projet. Ceci permet d'atteindre une précision de 10m ou 100m respectivement ou de 0,01 ha à 6,25 ha par unité décrite sur le terrain. Ceci implique des densités de sondages variables et parfois l'ouverture de profils pédologiques (se référer au documents suivants: "Construire en préservant les sols", Fiche 1, OFEV, 2001, "Evaluation des sols en vue de leur revalorisation" ,OFEV, 2021).
Le type de cartes qui sera établi varie selon les travaux entrepris : carte de surfaces ou carte de section selon une méthode reconnue de cartographie.
Les informations récoltées nécessaires sont en général: nature du sol, structure du sol et épaisseur des horizons, granulométrie, pierrosité, régime hydrique, teneur en matière organique.
A partir de ces informations, des cartes de sensibilité des sols à la compaction ou de décapage peuvent être réalisées (SN 640 581, VSS, 2017).
Tout le territoire suisse n'a pas encore été cartographié. La disponibilité des cartes et des informations pédologiques varie fortement d'un canton à l'autre. Les cartes peuvent être demandées auprès des services cantonaux de protection des sols.
Les sols décapés contiennent parfois des polluants. Les matériaux terreux pollués réclament une manutention spécifique selon leur niveau de pollution et selon la valorisation prévue. Ceci peut requérir des moyens techniques particuliers qu’il convient de planifier.
On analyse les sols en place avant le début de travaux lorsque l’on peut s’attendre à des pollutions. Les types d’occupation du sol pour lesquels une analyse des teneurs en polluants est nécessaire sont décrits dans le document "Instructions. Evaluation et utilisation des matériaux terreux" (OFEV, 2001).
L’analyse se fait soit dans le cadre d’une étude d’impact sur l’environnement ou en coordination avec la procédure d’obtention d'un permis de construire.
L’échantillonnage est réalisé selon les méthodes décrites dans le "Manuel d’échantillonnage" (OFEV, 2003) et l’analyse des pollutions est confiée à un laboratoire reconnu par la Confédération.
Les concentrations en polluants sont comparées à des valeurs seuils - valeur indicative, seuil d’investigation – qui déterminent les réutilisations admissibles ("Instructions. Evaluation et utilisation des matériaux terreux", OFEV, 2001).
Durant la phase de planification, les caractéristiques des sols nécessaires à la prise en compte de leur protection seront acquises.
La norme SN 640 581 (VSS, 2017) ainsi que l’aide à l’application "Construire en préservant les sols" (OFEV, 2001) détaillent les types d’investigation à mener selon le type de chantier et le mode de représentation des résultats (carte pédologique, carte de section,…).
La précision des investigations exigée est également fixée (nombre de sondages et de profil de sols par unité de surface ou de longueur). En effet, les exigences sont différentes pour les chantiers de grande ou de petite taille ainsi que pour les chantiers linéaires ou de surface.
Les caractéristiques à relever pour planifier les modes de gestion et de restitution des sols et peuvent se résumer à (SN 640 581):
l’épaisseur et la succession des horizons
l'estimation des volumes des horizons concernés par le décapage
la texture et la pierrosité
le régime hydrique et l’aération
la teneur en matière organique
On calculera à partir des épaisseurs les volumes à décaper et les volumes à excaver.
On déterminera la sensibilité des sols à la compaction ou au stockage à partir de la texture, de la pierrosité, de la teneur en matière organique, du régime hydrique et de l’aération.
Certains matériaux terreux sont difficiles à gérer sur les chantiers.
Les matériaux tourbeux (synonymes : tourbes, histosols, Torfboden) : Ils contiennent plus de 30% de matière organique en masse. Ils sont très sensibles à la compaction et à l’érosion, et ils ne supportent pas les stockages de longue durée. On planifie dans la mesure du possible de les réutiliser au plus vite sur place ou à l’extérieur de chantier. Ces matériaux présentent par ailleurs une très faible portance qui rend difficile l’utilisation de certaines machines de chantier.
Les sols argileux : ils n'ont pas de nomenclature particulière, on peut les retrouver sous diverses appellations. Leur teneur en argile granulométrique dépasse 30%. On ne peut les manipuler que lorsqu'ils sont très secs (force du succion > 35 cb). Ils requièrent dans la grande majorité des cas des moyens de protection supplémentaires.
Les sols engorgés de façon temporaire ou permanente (synonymes : gleys, pseudogleys, reductisols, redoxisols, Gleyboden, Pseudogleyboden) : Ces sols sont très fragiles à la compaction. Ils requièrent de faibles hauteurs de stockage et donc de grandes surfaces de dépôts. Les machines de chantiers ne peuvent s’y déplacer qu’avec des moyens de protection. Une planification judicieuse des travaux en période de basses eaux des nappes phréatiques peut offrir une amélioration de la situation.